Vous perdez vos cheveux depuis plusieurs semaines, et on vous a parlé de trichogramme, de trichoscopie, de prise de sang. Vous ne savez ni ce que ces mots veulent dire, ni lequel demander. Pas de panique, on vous explique tout : ce que chaque examen montre, ce qu'il ne montre pas, et ce que vous pouvez demander à votre médecin.
Faut-il vraiment faire des examens quand on perd ses cheveux ?
Non, pas systématiquement. Dans la majorité des cas, le diagnostic repose d'abord sur l'interrogatoire et l'examen du cuir chevelu, et la Société Française de Dermatologie rappelle qu'aucun examen de laboratoire n'est systématiquement nécessaire devant une alopécie androgénétique typique.
Les examens servent à trancher quand quelque chose ne colle pas : chute brutale, chute qui dure plus de six mois, zones clairsemées asymétriques, cuir chevelu douloureux, fatigue associée. Avant de prendre rendez-vous, comptez vos cheveux : le seuil à partir duquel une chute mérite un avis médical est plus haut qu'on ne le croit.
Qu'est-ce qu'un trichogramme exactement ?
Le trichogramme est un examen au microscope des racines de cheveux arrachés sur le cuir chevelu. Le praticien prélève à la pince une petite mèche sur une à trois zones, puis observe chaque racine pour classer le cheveu selon sa phase de vie : anagène (en croissance), télogène (en fin de vie, prêt à tomber) ou dystrophique (abîmé).
Le rapport entre cheveux anagènes et télogènes chiffre l'intensité de la chute. La Revue du Praticien précise qu'il aide à confirmer une alopécie androgénétique modérée, une pelade diffuse ou des cheveux anagènes caducs. Selon le centre Sabouraud, il ne faut pas se laver les cheveux dans les 48 heures qui précèdent, et l'examen n'est pas remboursé.
Ses limites : il est désagréable, et il ne dit pas pourquoi vous perdez vos cheveux. Il quantifie, il ne diagnostique pas à lui seul.

Trichoscopie : que voit le dermatologue avec sa loupe ?
La trichoscopie est l'observation du cuir chevelu avec un dermatoscope, une loupe éclairante qui grossit 10 à 20 fois. Elle est indolore, immédiate, et ne nécessite aucun prélèvement : le médecin pose l'appareil sur votre tête et regarde.
Ce qu'elle montre : le diamètre des tiges, l'état des orifices folliculaires, les squames, les rougeurs. Le signe le plus parlant est l'anisotrichose, la coexistence de cheveux épais et de cheveux très fins sur la même zone, qui traduit un amincissement progressif des follicules. En version vidéo, elle chiffre aussi la densité, sur des cheveux d'au moins 5 cm.
C'est l'examen de première intention chez le dermatologue : il coûte une minute et oriente tout le reste. Il suffit souvent à distinguer une alopécie androgénétique d'un effluvium télogène, les deux causes les plus fréquentes.
Quel bilan sanguin demander pour une chute de cheveux ?
Le bilan sanguin ne regarde pas les cheveux : il cherche une cause générale derrière la chute. La Revue du Praticien cite le dosage de la TSH (fonction thyroïdienne) de façon systématique, la ferritine et la numération formule sanguine quand une carence en fer est plausible, et un bilan hormonal chez la femme non ménopausée dont les cycles sont irréguliers ou qui présente des signes d'hyperandrogénie.
D'autres dosages se discutent au cas par cas : bilan nutritionnel en cas de régime restrictif, recherche d'auto-immunité, sérologie syphilitique devant une alopécie diffuse survenue 3 à 6 mois après un contage possible. Votre médecin choisit : une ordonnance de dix lignes « au cas où » n'aide pas plus.
Quel examen pour quelle situation ?
Chaque examen répond à une question différente, et aucun ne remplace les autres.
| Examen | Ce qu'il montre | Ce qu'il ne montre pas | En pratique |
|---|---|---|---|
| Test de traction | Si la chute est active : on tire sur une dizaine de cheveux en 3 points, 1 à 2 cheveux qui viennent est normal | La cause, la densité | Gratuit, en consultation |
| Trichoscopie | Diamètre des cheveux, anisotrichose, squames et rougeurs | Les causes internes (fer, thyroïde) | Indolore, non remboursé |
| Trichogramme | Le rapport anagène / télogène et les cheveux abîmés | La cause | Cheveux non lavés depuis 48 h, non remboursé |
| Phototrichogramme | L'évolution chiffrée sur une zone rasée de 8 x 8 mm, comptée par logiciel | Rien à J0 : il sert au suivi | Deux rendez-vous, non remboursé |
| Bilan sanguin | Une carence, un dérèglement thyroïdien ou hormonal | L'état du cuir chevelu | Sur ordonnance, souvent remboursé |
| Biopsie | Le diagnostic histologique des alopécies cicatricielles | Utile seulement si le reste n'a pas tranché | Sous anesthésie locale, réservé |
L'ordre logique : consultation et test de traction, puis trichoscopie, puis bilan sanguin si l'histoire le justifie, et seulement ensuite trichogramme ou biopsie. Commencer par le trichogramme, c'est commencer par la fin.
Ondulés, bouclés, frisés, crépus : ce qui change à l'examen
La texture ne change pas la biologie du follicule, mais elle change ce que l'œil perçoit et la façon dont l'examen se déroule.
Cheveux ondulés (2A-2C) : la densité se juge facilement à la raie, et la trichoscopie se fait sans préparation. C'est souvent sur ces textures que l'amincissement du sommet du crâne se repère le plus tôt.
Cheveux bouclés (3A-3C) : le volume compense visuellement la perte de densité, et beaucoup de femmes consultent tard. Pensez à montrer des photos de votre raie prises à plusieurs mois d'intervalle, toujours dans la même lumière.
Cheveux frisés et crépus (4A-4C) : la rétraction fait paraître les cheveux bien plus courts qu'ils ne sont, et la trichoscopie demande parfois de défaire une coiffure protectrice pour accéder au cuir chevelu. Signalez vos coiffures des deux dernières années : tresses serrées, tissages et poses de lace peuvent provoquer une alopécie de traction, qui se voit surtout sur les tempes et la lisière.
Dans tous les cas, arrivez avec les cheveux détachés et non coiffés : un cuir chevelu accessible vaut mieux qu'une belle mise en forme.
Et les compléments alimentaires dans tout ça ?
Un complément alimentaire n'est ni un examen ni un traitement : il ne remplace pas un avis médical. Si votre chute est brutale, localisée, douloureuse ou accompagnée d'autres symptômes, consultez un médecin ou un dermatologue avant toute cure.
Une fois le terrain médical éclairci, un apport en micronutriments a sa place dans une routine. La biotine et le zinc contribuent au maintien de cheveux normaux, et la vitamine B6 contribue à la synthèse normale de la cystéine, un acide aminé de la kératine. Chez IN haircare, la cure dure 3 mois : 2 gummies ou 2 gélules par jour, à base de roquette, biotine, vitamine B6 et zinc, fabriquées en France, vegan, et primées aux Victoires de la Beauté 2021.
Les Gummies (26,90 €) comptent 60 unités, sans gélatine animale et 2 g de sucres pour 2 gummies ; les Gélules (29,90 €) comptent 60 unités pour la même formule. Enceinte ou allaitante, demandez l'avis de votre médecin avant de commencer.
Vos questions sur les examens de la chute
Le trichogramme est-il douloureux ?
Il est désagréable plus que douloureux : on arrache une vingtaine de cheveux à la pince, en une à trois fois. La sensation dure une seconde par mèche. Prévenez le praticien si votre cuir chevelu est sensible.
Le trichogramme est-il remboursé par la Sécurité sociale ?
Non. Le trichogramme, le phototrichogramme et la trichoscopie ne sont pas pris en charge par la Sécurité sociale. Seuls la consultation et le bilan sanguin prescrit peuvent l'être. Demandez le tarif avant le rendez-vous.
Faut-il voir un dermatologue ou mon médecin traitant ?
Votre médecin traitant peut déjà faire le test de traction, prescrire le bilan sanguin et vous orienter. Le dermatologue apporte la trichoscopie et, si besoin, le trichogramme ou la biopsie. Passer par le médecin traitant respecte aussi le parcours de soins.
Ma chute a commencé après 45 ans, est-ce le même bilan ?
Les examens sont les mêmes, mais les causes à explorer changent. Les variations hormonales de la périménopause, la ferritine et la thyroïde reviennent souvent : nous les détaillons dans notre article sur la chute de cheveux à 40 et 50 ans.
En résumé
La trichoscopie regarde, le trichogramme compte, le bilan sanguin cherche ailleurs. Le bon réflexe n'est pas de réclamer un examen précis, mais de décrire précisément votre chute à un médecin : depuis quand, à quel endroit, avec quoi d'autre. Il choisira l'examen utile, et vous éviterez ceux qui ne le sont pas. 🤍
Pour y voir clair avant votre rendez-vous, notre diagnostic capillaire gratuit vous aide à poser des mots sur ce que vous observez, en quelques minutes.
Mis à jour le 10 octobre 2026
